« Le bonheur du passé nous réchauffe encore et encore. Nous le sortons de nous et nous nous rassemblons autour, tous les trois, serrés les uns contre les autres, voûtés autour de son feu déclinant. Comme trois misérables, collés tout près des braises, avec le froid glacial qui nous entoure. Les braises sont rouges encore et leur chaleur nous aide à rester vivants. Je m’agenouille devant ce feu et je souffle dessus, je souffle à perdre haleine, je souffle jusquà ce que mes poumons me fassent mal, recroquevillée au-dessus du feu, je souffle désespérément, pour essayer de le ranimer. Et les souvenirs s’agitent devant nous, en brindilles incandescentes et légères. »

Extrait d’On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant, Marie Griessinger


Le temps efface tout comme effacent les vagues
Les travaux des enfants sur le sable aplani
Nous oublierons ces mots si précis et si vagues
Derrière qui chacun nous sentions l’infini.
Le temps efface tout il n’éteint pas les yeux
Qu’ils soient d’opale ou d’étoile ou d’eau claire
Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire
Ils brûleront pour nous d’un feu triste ou joyeux.
Les uns joyaux volés de leur écrin vivant
Jetteront dans mon coeur leurs durs reflets de pierre
Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière
Ils luisaient d’un éclat précieux et décevant.
D’autres doux feux ravis encor par Prométhée
Étincelle d’amour qui brillait dans leurs yeux
Pour notre cher tourment nous l’avons emportée
Clartés trop pures ou bijoux trop précieux….

Marcel Proust, Je contemple souvent le ciel de ma mémoire


« Je me lève tôt pour que le monde m’appartienne »

Joël Dicker, extrait de La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Merveilleux roman que j’ai dévoré en quelques jours. Sensation grisante d’engloutir les mots tellement l’histoire nous absorbe. Un livre cinématographique, une atmosphère incroyable et un suspense prenant.


« Avec son subconscient bousculé de son perchoir qui battait des ailes dans les couloirs déserts de son crâne, en zigzaguant comme une chauve souris, il n’y avait plus moyen de prévoir ce qu’il allait faire »

Donna Tartt, Le maître des illusions